FERNAND FERNANDEZ : À PROPOS

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Fernand Fernandez est artiste. Ça devrait suffire sans qu’on ait à cocher les cases poète, musicien, peintre. De quand datent les cases et à quoi servent-elles exactement ? Aux curriculum vitae et aux hashtags c’est certain. À l’illusion ou au désir d’un monde bien rangé, et bien contrôlable. Fernand Fernandez est inhashtagable, il est inétiquetable inrangeable inspécialisable incasable incontrôlable. Déroulement de la vie de Fernand Fernandez : être artiste, chaque jour depuis toujours. On pourrait envisager les sous-cases poésie sonore et musique rock comme on pourrait choisir ici outsider art, expressionnisme, art brut. Ça ne dirait pas plus que lorsque je dis le seul nom de Fernand –et non je ne sépare pas l’homme de l’artiste et oui je suis une femme. Ça ne dirait rien si on ne connaît pas Fernand et qu’on ne connaît pas son travail, sa peinture auquel ce site est dédié. Parce que ce qui nous est alors révélé se détourne de ce qu’on est si prompts à étiqueter au premier coup d’œil.

On s’en détourne même tant qu’en passant par des états qui nous étaient malconnus ou inconnus on en arrive aux antipodes.

Notamment c’est profondément politique. Ça parle beaucoup, calmement et fermement ça sait discuter parce que ça a forgé sa propre langue, et parfois ça gueule parce qu’il le faut. Ça ne se contente jamais facilement. Ça ne charrie aucun discours et ça ne surfe sur rien. Ça explore et ça questionne constamment ses propres pistes et ça invente ses propres formes. Qui ne sont jamais seulement esthétiques ou seulement expérimentales ou seulement #ahmoimon. Rien que ça oui, qui est aux antipodes de toutes les surfaçades insupportablement propres sur elles qu’on est tenus de côtoyer à longueur de temps, dans la vie et dans l’art travestis en publicités promotionnelles pour la vie et l’art. À l’extrême opposé de tous ces écrans durablement installés désormais entre nous et nous, on se retrouve chez Fernand Fernandez devant de très nouvelles fenêtres. Il ne faut pas se tromper. Elles sont grandes ouvertes sur nos émotions, nos réflexions, nos sexes, nos fantasmes, nos actions, nos relations, nos jeux, nos possibles. Tout de nous est là. Ni totalement noir ni réellement multicolore c’est notre horizon –et il est commun qu’on le veuille ou non.

Corinne Lovera Vitali